La réaction pour contrer la crise financière est venue des Etats-Unis, premiers touchés par cette dernière : les 700 milliard de dollars du Plan Paulson serviront au rachat des actifs les plus toxiques mis en circulation. Le gouvernement britannique a engagé un plan de sauvetage des banques de 50 milliards de livres sterling.
En France, dont les comptes étaient vides selon Nicolas Sarkozy en janvier dernier, quelques 650 milliards d'euros ont été promis par le chef de l'Etat. On compte, pour le volet financier, un plan de soutien aux banques de 360 milliards d'euros et 10 milliards de versement en quasi-fonds propres aux principales banques françaises (dont 3 milliards pour le Crédit Agricole, 2,55 milliards pour la BNP Paribas, et 1,7 milliards d'euros pour la Société générale). Sur le volet de l'économie réelle, au 1 milliards d'euros d'exonération de la taxe professionnelle de l'Etat, qui engage par ailleurs des investissements directs à hauteur de 175 milliards d'euros en trois ans, s'ajoute le soutien financier des PME de 22 milliards d'euros. 22 milliards qui transiteront pour partie par les banques et viendront alimenter leur besoin de liquidités.
Ces chiffres astronomiques sont néanmoins nécessaires nécessaire au maintien du secteur financier et de l'économie réelle, en vertu de leur interdépendance. Cependant, ces temps de confusion laissent place à quelques dérapages et situations paradoxales, notamment les dépenses de plusieurs centaines de milliers de dollars des dirigeants d'AIG à l'occasion de vacances en Californie et d'une chasse à courre en Grande Bretagne alors que son sauvetage avait exigé 85 milliards de dollars et que la compagnie demandait une rallonge de 37,8 milliards de dollars. De même, il est paradoxal que les banques facturent du conseil aux différents gouvernements pour sauver leurs pairs : Bercy a d'ores et déjà dépensé 500 000 euros et les commissions bancaires du sauvetage de la Nothern Rock en Grande Bretagne s'élèvent à 100 millions de livres sterling.
A lire :
Le Monde, 11.10.2008, Les banques d'affaires s'enrichissent en conseillant les Etats pour qu'il sauvent…les banques !
Le Monde, 11.10.2008, Le krach boursier mondial met le G7 sous pression.
Le Monde, 27.10.2008, Dette publique, dette injuste.
Le Monde, 27.10.2008, L'horreur économique de M. Sarkozy.
La Tribune, 16.10.2008, Des dirigeants de AIG ont dépensé des fortunes lors d'un voyage de chasse en Angleterre.